La révolution numérique : définition d’une transformation sans commune mesure

Transformation numérique

La révolution numérique peut se décliner en deux facteurs cumulatifs que sont d’une part, l’ébullition engendrée par la naissance d’internet. L’ébullition désignant un phénomène scientifique se traduisant par une forte agitation moléculaire et par analogie désigne en l’espèce « un état de vive agitation »[1] à l’échelle de l’humanité. D’autre part, le bouleversement de notre rapport au temps et à l’information par l’intermédiaire de l’émergence des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), autoroutes de l’information.

Internet : le premier des dominos à l’origine de la révolution numérique

« Internet est un réseau informatique mondial constitué d’un ensemble de réseaux (nationaux, régionaux et privés). L’ensemble utilise un même protocole de communication : TCP/IP, (Transmission Control Protocol/ Internet Protocol).

Un projet à vocation militaire

Agence du ministère de la Défense, l’Advanced Research Projects Agency (ARPA) a été fondée en 1958 par le président Eisenhower en réponse au lancement du satellite soviétique Spoutnik. Cette course à l’avancée technologique a donné lieu à un projet consacré à la mise en réseau des ordinateurs de diverses institutions de recherche universitaire, Arpanet. L’ancêtre d’internet est né en 1969 sous l’impulsion du département américain de la défense. Le réseau devait assurer les échanges d’informations électroniques entre les centres névralgiques américains dans le contexte de la guerre froide. Le cahier de charge établi imposait que le réseau puisse poursuivre ses activités en cas d’attaque nucléaire soviétique. Si l’un ou plusieurs des sites et lignes de connexion venait à être détruit, les messages parviendraient à leur destinataire par des itinéraires alternatifs.

Une étroite collaboration avec la recherche universitaire

Un grand nombre de centres de recherche, militaires, publics et privés prirent part à ce projet. Il était normal que leurs réseaux internes fussent les premiers à en bénéficier. C’est pourquoi, dès sa création, Arpanet, sera un méta-réseau, un réseau de réseaux qui va peu à peu relier la communauté scientifique et universitaire mondiale. Il arrive en Europe en 1982. L’année 1984 est une année charnière, perdant son caractère militaire. Son financement n’est plus assuré par le département américain de la défense mais par un organisme scientifique civil créé deux ans plus tard : La National Science Foundation (NSF). Le réseau est scindé en deux parties: MILnet, réseau strictement militaire et NSFnet, l’épine dorsale d’Internet qui se substitue à Arpanet. Sa facilité d’utilisation contribue grandement à populariser les autoroutes de l’information.

La démocratisation d’Internet par l’intermédiaire du World Wide Web

Internet s’ouvre véritablement au grand public avec la création, en 1991, du World Wide Web, par Tim Berners-Lee. Il s’agit d’un système d’interface graphique, très ergonomique et très facile d’utilisation, qui permet de passer d’une page ou d’un site à un autre en « cliquant » sur un lien dit « hypertexte ». La navigation sur la « Toile » devient ainsi extrêmement aisée. Le web ouvre donc le réseau à de nouveaux utilisateurs peu familiarisés avec l’informatique. En quelques mois, les sites web se multiplient. Le World Wide Web est un phénomène technique et social de grande ampleur »[2].

Internet a depuis connu une expansion planétaire et a permis, grâce à la convergence de l’informatique, de l’audiovisuel et des télécommunications, la multiplication de services de toute nature sur le World Wide Web (la messagerie électronique, les groupes et forums de discussion, le commerce électronique, la consultation d’informations, la diffusion d’images fixes, de fichiers audio et vidéo etc.) qui sont désormais ancrés dans notre quotidien. Les outils et techniques continuent cependant d’évoluer comme l’illustrent le développement de la fibre optique, du cloud, de l’internet mobile et sa promesse d’une arrivée prochaine de la 5G, de l’internet des objets ou encore avec les technologies et produits du web 2.0 qui ont renouvelé les modes d’usages et d’appropriation des services internet par les utilisateurs.

 « Le Web 2.0 est l’évolution du Web vers plus de simplicité (ne nécessitant pas de grandes connaissances techniques ni informatiques pour les utilisateurs) et d’interactivité (permettant à chacun de contribuer, d’échanger et de collaborer sous différentes formes). En effet, le Web 2.0 désigne l’ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web, en particulier les interfaces permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s’approprier les nouvelles fonctionnalités du web.  Ainsi, les internautes contribuent à l’échange d’informations et peuvent interagir (partager, échanger, etc.) de façon simple, à la fois avec le contenu et la structure des pages, mais aussi entre eux, créant ainsi notamment le Web social. L’internaute devient, grâce aux outils mis à sa disposition, une personne active sur la toile»[3].

Les NTIC : agent essentiel à la réaction en chaîne générée par la démocratisation d’internet

Les NTIC agissent comme un catalyseur du bouleversement opéré par internet. En effet, elle représentent « l’ensemble des technologies informatiques qui contribuent à une véritable révolution socioculturelle, surtout leurs applications dans le champ économique. D’ailleurs ces technologies ne sont plus vraiment nouvelles, d’où le nom de TIC. Le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF définit les technologies de l’information et de la communication comme étant un « Ensemble des technologies issues de la convergence de l’informatique et des techniques évoluées du multimédia et des télécommunications, qui ont permis l’émergence de moyens de communication plus efficaces, en améliorant le traitement, la mise en mémoire, la diffusion et l’échange de l’information »[4].

« Les conséquences de la révolution numérique s’étendent en effet bien au-delà de l’économie. Parce qu’elle transforme l’un des caractères les plus fondamentaux de l’humanité, à savoir la communication, la révolution numérique surgit dans tous les domaines de l’activité humaine »[5]. C’est la raison pour laquelle un cadre est nécessaire, régissant « les problèmes créés par l’émergence de la société de l’information »[6].

                Dès lors, l’interrogation peut se porter sur le fait de savoir si les moyens mis en œuvre par l’ensemble des acteurs sont à la hauteur des enjeux auxquels ils font face et de la volonté de les voir encadrer.


[1] http://www.cnrtl.fr/definition/ébullition

[2] https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-internet-3983/

[3] Laurence Vanhée, Happy RH: Le bonheur au travail, rentable et durable

[4] http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8349341

[5] La société de l’information, Nicolas Curien et Pierre Alain Muet

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_numérique


Rédigé par : Wilfried IME

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