Libra : Un projet qui inquiète

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Qu’est-ce que la Libra ?

Libra est un projet de cryptomonnaie lancé par Facebook, qui a été annoncé en juin 2019. La Libra est résumée de manière simple dans le livre blanc du projet, comme « une devise stable, basée sur une blockchain open-source stable et sécurisée, garantie par une réserve d’actifs réels et régie par une association indépendante ».

Pour les plus novices, une cryptomonnaie est une monnaie électronique qui s’échange entre deux individus via un système informatique décentralisé. Les cryptomonnaies reposent sur le système de blockchain, ou ‘’chaîne de blocs’’ pour les francophones. La blockchain est une sorte de base de données contenant l’historique de toutes les opérations réalisées entre ses utilisateurs. Cette base de données est partagée par ses utilisateurs, pour permettre à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Facebook souhaite donc s’engager dans ce secteur, en créant la Libra, qui est un ‘’Stable Coin’’. Cela signifie que, contrairement au Bitcoin par exemple, la valeur de la monnaie ne va pas fluctuer, elle va être indexée sur le cours de nombreuses monnaies (50% pour le dollar, 18% l’euro, 14% le yen 11% la livre sterling et 7% le dollar singapourien). Selon le projet, la monnaie sera gérée par l’Association Indépendante du Libra, constituée des 27 partenaires de la future monnaie (Spotify, Uber, …).

Les avantages annoncés du projet

Selon les partenaires à l’origine du projet, cette nouvelle cryptomonnaie aura de nombreux avantages. Le but premier est de faciliter l’envoi de monnaie à l’international, pour des transactions simples, sécurisées et sans frais. Pour ce faire, le projet s’appuie sur une blockchain opérée par un logiciel open-source, ce qui permettra notamment aux acteurs financiers et aux développeurs d’aider les particuliers et les entreprises à posséder et utiliser des Libras. Il y a donc une perspective d’évolution et d’amélioration constante pour permettre le développement de la Libra et de son utilisation par le grand public.

Un autre objectif de cette nouvelle cryptomonnaie est de permettre aux habitants de pays émergents qui ne peuvent pas nécessairement avoir accès à un compte en banque d’avoir accès à un moyen de paiement stable par le biais de cette monnaie stable. Cela est permis par l’absence d’intermédiaires bancaires dans le fonctionnement de la blockchain sur laquelle repose la Libra.

Le but est donc l’émergence d’une sorte de système financier international par le biais de cette monnaie, contrôlée par les partenaires du projet au sein de l’Association Libra.

Un projet qui inquiète

Un projet d’une telle envergure soulève nécessairement des inquiétudes, notamment lorsqu’on sait que Facebook est à l’origine du projet. De nombreux Etats se sont montrés méfiants suite à l’annonce de cette nouvelle monnaie.

La France fait partie de ces pays, et, avec l’aide de l’Allemagne et de l’Italie, elle souhaite bloquer l’arrivée de la Libra en Europe. Selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire, ce qui inquiète est la puissance que pourrait avoir Facebook avec cette monnaie. Contrairement aux Etats, les multinationales privées ne sont pas soumises à un contrôle du peuple. Or, confier une puissance monétaire similaire aux Etats à une telle entreprise s’avérerait dangereux, celle-ci pouvant en faire ce qu’elle souhaite. Le fait que Facebook fasse valoir qu’ils ne sont que des associés au projet au même titre que les autres partenaires ne semble pas être accepté par les Etats.

Concernant les Etats-Unis, une crainte concerne la protection des données personnelles, puisque Facebook pourra bénéficier d’informations bancaires des utilisateurs, et exploiter leurs habitudes de consommation, … à des fins commerciales. Marc Zuckerberg, PDG de Facebook, a été entendu par le Congrès américain sur ce projet le 23 octobre 2019, et l’issue en a été plutôt hostile, le Congrès souhaitant bloquer le développement de la Libra jusqu’à ce qu’ils détiennent plus d’informations.

La Banque Centrale Européenne a également levé le drapeau rouge, en insistant sur le fait que les entreprises privées qui régissent ce projet ne rendent de compte à personne, sauf à leurs actionnaires.

En plus de ces nombreuses critiques, 8 partenaires du projet se sont retirés de celui-ci depuis son annonce, dont notamment Ebay, Paypal, Mastercard ou Visa. Ces départs ne sont pas de bon augure, d’autant plus que ce sont essentiellement des services de paiement qui se sont retirés, PayU étant les seuls à rester.

Il semble que ce projet, aussi ambitieux soit-il, rencontre de nombreuses difficultés. Verra-t-on un jour la Libra comme moyen de paiement dans le monde ? Rien n’est moins sûr…

Rédigé par : Antoine COLLILIEUX

Images par Gerd Altmann de Pixabay

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